Cour de l'hôtel Demoret

La cave

Hôtel Demoret (gravure d'époque)Moulins, préfecture de l'Allier, "ville d'art et d'histoire" dispose d'un intéressant patrimoine architectural.
Notre cave se trouve sous l'hôtel Demoret. Il se situe non loin de la mairie et du théâtre, en haut de la "rue d'Allier", il est traversé par une ruelle (un rouetton) en passage sous voute.
La plaque officielle dit : 
rien "L'hôtel Demoret a été bâti en 1440 par Guillaume Cadier, président des comptes du Duché du Bourbonnais.
rienC'est le plus ancien logis de la ville (...)"

Qu'avons-nous fait de cette cave ?

Redécouverte un peu par hasard au début des années 80, nous avons eu l'idée de génie d'en faire une cave de Jazz. Compte tenu de son état initial, véritable dépotoir, nous devions être un peu visionnaires. Il a fallu sortir environ 20 tonnes de gravats, à la main, par un petit escalier malaisé... Mais nous y croyions et nous avons réussi.
Les architectes des bâtiments de France (Philippe et Marie-Hélène Moreau) et les compagnons bâtisseurs nous ont aidés à creuser une nouvelle entrée conforme aux normes de sécurité et créer une belle voûte de pierre de taille pour la nouvelle porte.
La main-d'œuvre a été entièrement bénévole. Le financement des travaux a été assuré pour un tiers par le Conseil Régional, un tiers par la ville de Moulins, propriétaire des murs, et un tiers par les musiciens du club qui ont joué gratuitement partout dans la région pendant dix ans pour boucler le budget.
L'inauguration a eu lieu en 1984.

Enigme historique :

Correction historique (2019) : Les fouilles faites dans les rues avoisinantes à l'occasion de l'aménagement des caves voisines "les caves Bertine) battent en brèche cette belle théorie : contrairement à la plupart des autres villes le niveau des rues dans le quartier a très peu évolué. La fameuse voûte dont parle l'article ci-dessous, était plus vraissemblablement la partie basse d'un grand escalier.

Nous avons découvert dans cette cave des râteliers destinés à nourrir des chevaux à 5,50 m en dessous du niveau de la rue, alors que la seule entrée existante était difficile, même pour un homme. Amener des poulains et les élever en bas, comme dans les mines ? dans quel but ?
En fait, l'examen de la voûte montre deux détails : une partie de celle-ci est de forme particulière, on peut deviner l'emprise d'une ancienne porte cochère. le second détail est un dormant de fenêtre enchâssé dans le mur et donnant sur... rien, comme la supposée porte cochère !
La seule solution rationnelle à ces énigmes est que le niveau de la "rue d'Allier" (rue principale de Moulins) a été surélevé de plus de 2,50 m en quelques siècles et que l'hôtel Moret était à l'origine un hôtel de poste avec ses écuries au niveau de la rue ou en léger contrebas.
Preuve supplémentaire : nous sommes, sans contestation possible, le seul jazz-club de France à organiser des concerts dans une écurie devenue cave avec un puits d'eau potable à la disposition du public !


En passant par La Pacaudière...

Partant de Moulins pour aller jouer sur la côte méditerranéenne, je me suis arrêté à "La Pacaudière", un bâtiment ressemble à celui qui abrite notre chère cave, avec lui aussi un "donjon". Mais ce n'est pas tout...

La maison Morin à La Pacaudière

Ce bâtiment abrite un bar dont la forme est strictement identique à notre cave. Lui n'a pas été enterré au fil des siècles ! Le propriétaire m'a aimablement autorisé à le photographier...

Intérieur du bar

Autre indication intéressante qui confirme l'analyse que nous avions faite de notre propre bâtiment, la plaque descriptive des lieux : il s'agissait bien d'un hôtel de poste.

Plaque d'information "Maison Morin"

On peut imaginer que ces bâtiments faisaient partie des relais disséminés régulièrement entre Lyon et Paris et qui permettaient aux chargés du courrier de l'époque de changer de chevaux, de se restaurer ?
Je pose ces questions aux historiens qui voudront bien y répondre...

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La Pacaudière (RN7)